Le 5 Juillet : 177 Kilomètres avec Marie Rêves et Espoir, ce sont des moments inoubliables !!! J’avais déjà mal fini ma préparation (double claquage = 5 semaines sans courir) et j’ai rechaussé mes trails une semaine avant l’ultramarin. J’avais revu mes objectifs de course et l’essentiel était de passer la ligne d’arrivée. Frederic Beucher avait mis aussi le maillot et Arnaud Daburon m’avait donné son fanion Marie Rêves et Espoir qu’il avait porté lors du 42 km du TPB de Renazé. Nous étions dans le sas de départ avec le public et le rose se voyait bien, les gens nous interpellaient pour nous demander plus de détails sur l’association. Puis, le signal du départ fut donné et le cortège d’un millier de coureurs s’est élancé le long des quais sous les encouragements de la foule. Nous étions partis… J’étais loin de penser que le fanion « Marie Rêves et espoir » allait susciter autant d’interêts pour le public ; très souvent j’entendais : « allez Marie », des coureurs venaient à ma hauteur et me demandaient plus d’infos sur l’association, au 2ème ravito à peine arrivé, une speakeur me demande de parler de l’association. Ensuite, pour la partie nuit passée avec Fred et Nono (Arnaud Daburon), on a vu moins de monde et ce fut plus calme. Au petit matin,vers 5 h, à Locmariaquer nous avons pris le canot pour rejoindre Arzon (10 minutes de traversée) nous avons laissé Nono qui préférait marcher car il ne pensait pas dormir au prochain ravito. Après quelques kilomètres nous sommes arrivés à 6 h à Arzon où nous attendait notre sac de vie (rechange).
Nous avons pris une douche et avec Fred nous avions décidé de dormir 2 heures. Le manque d’entraînement se faisait sentir dans les cuisses et j’ai dû dormir une vingtaine de minutes mais je me suis reposé quand même. Puis Nono est arrivé, et Nono rime avec dodo : il s’est retrouvé couché aussi. Faut dire que c’est assez spartiate : des lits pliants les uns à côté des autres dans un gymnase sans compter le bruit. Après cette pause, nous sommes repartis. Fred et moi nous avons fait une dizaine de kilomètres en trottinant et plus ça allait, plus j’avais mal aux cuisses. J’avais de plus en plus de mal à courir, donc j’alternais marche-course. J’ai dit à Fred qu’il fallait qu’il continue sans moi, et à contrecoeur il est parti. C’était mieux pour lui comme pour moi. Dès que je me remettais à trottiner la douleur revenait, j’ai fini par me résigner et marcher jusqu’à ce que Nono me rejoigne et là : miracle il avait un tube d’arnica. Je me suis bien massé, ça m’a soulagé mais ça ne m’a pas guéri. Donc, je suis reparti avec lui qui souffrait du même mal que moi. Si, je ne pouvais pas courir j’arrivais à marcher et j’avais un bonne allure, mais pour Nono c’était trop rapide donc on s’est encore séparés. Les spectateurs étaient formidables, que d’encouragements !!! « quelle association ? me demandait-on, Marie rêves et espoir, vous allez sur internet et vous aurez toutes les infos, leur répondais-je. J’arrivais à Port Nèze 100 kms à 10 h 24. Bref ravito et je repars. Puis, ce fut le doute, il me restait 77 km et si j’avançais à 5 km/h de moyenne ça fait un paquet d’heures. Fallait que je positive, j’ai pensé aux enfants malades, aux rêves réalisés, aux photos. Et j’avançais… Sarzeau avec son ravito où j’ai retrouvé Gaëtan Lesguer qui a dû abandonner au trentième km à cause de son genou et qui venait m’assister. J’en ai profité pour manger et Nono m’a rejoint, j’ai refait le plein et je suis reparti avec lui. Le temps de faire un petit direct sur Facebook avec lui et j’ai repris à mon allure. Toujours impossible de courir, j’étais condamné à finir en marchant. Il restait 56 kms. Prochain ravito le Hézo 15 km. L’allure était bonne, le moral était revenu. Toujours des spectateurs dont Françoise qui a réalisé cette photo. J’arrive au Hézo à 17 h 30 et de nouveau reparti. Après chaque arrêt, les premiers pas sont douloureux. Je me dirige vers le dernier ravito de Sené : il me reste encore 41 kms et j’ai déjà plus de 22 h de course. Moi qui comptais arriver avant la nuit, c’est râpé. Je reprends mon train train, j’échange quelques mots avec les autres traileurs quand j’arrive à leur hauteur. Puis, je vois un coureur passer en flèche : c’est le 1er du 56 km (course qui partait de Sarzeau à 17 h). Et ensuite, ce fut le défilé de coureurs et le temps passait plus vite. Beaucoup m’encourageaient, c’est ça aussi l’esprit trail. J’arrivais à Sené encore en forme vers 21 h et là patatra, je rentre dans la salle du ravito, c’était la cohue tous les coureurs du 56 qui se ravitaillaient, pas de place, la foule, le malaise me gagne faut que je sorte, Nathalie, mon épouse et mes amis m’accompagnent dehors, je m’assois et je ne suis pas bien.
Je reste là quelques minutes, le malaise passe mais je ne suis pas au top. Nathalie me fait rentrer dans la salle et on me dirige vers un lit pliant. Faut que je me repose, je lui dis de me réveiller dans une demie-heure, mais elle me laissera dormir 45 mn. Je suis un peu vaseux au réveil, je me lève un peu vite et re-malaise, celui-ci j’ai plus l’habitude. On m’allonge et la femme de Gaetan et sa soeur (toutes 2 infirmières, on avait de l’assistance !!!) me prennent chacune une jambe et me la maintienne en hauteur, elles demandent un tensiomètre à une bénévole et le médecin arrive. Prise de tension : 11/7 c’est bon je vais pouvoir repartir. Entre temps Nono était arrivé, et il faisait aussi une pause dodo. A 22 h 35, je quitte Séné direction la ligne d’arrivée : 21 kms. Allez courage, tu vas pas lâcher si près du but. Je repars avec un coureur et on discute en se chauffant lentement les guiboles, au bout d’un km, c’est mieux et je le laisse. J’avance, j’avance toujours un pas qui me rapproche de l’arrivée. Il me tarde d’arriver. Je re-positive. La nuit est bien là et faut être vigilant,si près du but un faux-pas et c’est la chute, voire la fin du rêve. J’avance toujours, les heures passent et enfin j’aperçois le port, les bateaux, on y arrive…J’entends mon prénom, je réponds, j’agite les bras, il est près de 3 h du matin et il y a encore du monde sur les quais, on m’encourage, on m’applaudit au passage, j’entends des « allez Marie » je ne peux m’empêcher de penser à elle et la remercier d’avoir fait équipe avec moi. Encore quelques centaines de mètres et les arches d’arrivée sont devant moi. Nathalie, Gaetan et Marie-France sont là aussi.Je suis heureux, je passe la ligne d’arrivée. C’est le bonheur !!!
Marie reves et espoir : Très Touché par cette générosité, nous avons été très émus de lire cet exploit . très émus de lire que Marie fait encore des exploits dans les mémoires de chacun alors qu’elle nous a quittés. très émus de lire qu ‘elle a été un moteur pour y arriver et je comprends que tu avais aussi tous les enfants malades devant les yeux pour arriver jusqu’au bout . mais 177 Km houlala chapeau !! et un grand MERCI pour la mémoire de chaque enfant parti trop tôt et pour chaque enfant qui continue le combat !!!! Merci pour Marie rêves et espoir: MERCI



